Chapitre 4

Cette page est un espace de travail, qui va évoluer au fur et à mesure des recherches et du travail des élèves. Il y a donc des erreurs, des fautes d'orthographe, le but étant d'avoir à la fin de l'année scolaire un document terminé et corrigé. 


Chapitre 4 : Dernier combat

Nous arrivons sur le sommet d'une colline juste derrière un militaire. Celui-ci nous ordonne de nous allonger car les combats font rage. En effet, en contre bas, on voit les deux lignes de tranchées, de notre côté, les français et de l'autre côté, les allemands. Entre les deux, le champs de bataille est dévasté, plein de trous et de barbelés. Des nuages de fumée, une odeur de poudre, il y a dans l'air, une impression bizarre.


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Au dessus des lignes allemandes, un énorme ballon flotte dans le vent monte doucement. Des câbles le relient au sol et on voit des soldats qui les tiennent au sol.
Sous le ballon, dans une nacelle minuscule, un allemand observe les lignes françaises avec des jumelles.

C'est alors qu'un vrombissement nous fit sursauter. Deux avions passèrent à toute allure, juste au dessus de nous.







Quand on dit " à toute allure", c'est une façon de parler, car les deux avions sont des biplans, et ils sont très loin d'atteindre la vitesse des avions de chasse qui viennent très souvent s'entraîner dans la vallée de la Sorgues.

_ "C'est Boyau et Cessieux ! , nous dit le soldat. Il vont flamber la grosse saucisse là bas !


On observe ces deux gros oiseaux s'éloigner , volant très bas, vers les lignes allemandes.





Voici le récit de ce dernier combat, que nous avons trouvé par la suite. Il décrit parfaitement ce qui s'est passé ce jour là.
C'est un texte retrouvé dans le carnet de Jean Moulis, un jeune pilote, de la même escadrille que Maurice.



Boyau et Cessieux partiront à l'attaque d'un Drachen, et ils réussiront à
le flamber. Sur le chemin du retour, pris à partie par sept chasseurs ennemis, Boyau engagera le combat, éloignera ses poursuivants.Volant bas, il piquera à la verticale abattu très probablement par des balles de terre. Cessieux le verra s'écraser en flamme, près d'étang de la Chaunié. On ne retrouvera jamais le lieu de l'accident ni les débris pouvant l'identifier. Les ennemis poursuivront alors l'appareil
français restant et notre ami atteint dans le dos aura
la force d'atterrir à l'aplomb des premières lignes de chez nous, il sautera de sa carlingue et s'évanouira.
Les artilleurs l’évacueront. Pendant ce temps, l'allemand
, volant au ras du sol, essaiera de détruire l'avion.
Peu après un barrage de feu le pulvérisa entre les lignes. Nous attendons impatiemment, sur le terrain, le retour de nos camarades. Alertés dans le courant de la journée par l'ambulance
où a été évacué Cessieux, nous apprenons avec consternation la fin de notre grand as. Le deuil est cruel, mais la tâche n'est pas terminée. Dès le lendemain, nous reprenons le manche avec l'intention de le venger.”
Une investigation complémentaire dans les premières lignes françaises apprendra que boyau à effectivement fait flamber le drachen d'Harville à 11h17. Revenant à une altitude de 200m ,il est poursuivit par un Fokker D VII à 500m derrière.
Puis son avion est vu piquer du sol. Trois Fokker D VII au nez rouge, portant une crois grecque blanche sur le fuselage et
sur l’empennage, et comportant deux bandes obliques rouges et jaunes sur le fuselage, survolent le lieu du crache tournent
autour pendant quelque temps.


 Le très jeune lieutnant Georg von
Hantelmann(20 ans) revendique l'appareil de Boyau, abattu au sud-ouest de Conflans-en-Jarnisy, à 11h20 qui lui sera confirmé comme sa 14 ième victoire sur les 25 qu'il remportera pendant la guerre. Si le lieu, l'heure et même la décoration des Fokkers de la Jasta 15 au nez rouge plaide en faveur de la revendication de Hantelmann, la distance de 500m derrière laquelle était son Fokker D VII rend son tire très aléatoire. On ne saura jamais si Boyau a succombé comme cela semble plus probable, à une balle de terre ou à un coup heureux des mitrailleuse jumelées du chasseur.


On a vu son avion s'écraser au loin.....
On a compris tout de suite qu'il n'avait pas pu survivre..

Baptiste tourne tristement le petit ballon.




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Documents utilisés.

..........................................................................................................Voir cette carte qui permet de situer la ligne de front le 15 septembre au soir : 
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] lem_zoom=0 
 
Harville est situé en face de la zone d'attaque affectée à la 15e Division d'Infanterie Coloniale, elle même rattachée au 5e Corps d'Armée US. 
Je vais chercher d'éventuelles autres cartes plus précises dans les JMO de cette Division. 
 
edit : Je n'ai pas trouvé de carte, mais le JMO du 6e RIC est très détaillé, et précise que le régiment occupe le 15 au soir les villages de Combres, Saulx et Champlon, s'étant emparé au passage de la Crête des Eparges (théâtre de violents combats en 1915) : 
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] m_rotate=F (page 38) 
voir également l'historique : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] /f44.image 
 
Une carte du secteur aujourd'hui, Harville se situant vers l'angle NE (me la demander par mail) : 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7998/harvilleleseparges.png 
 
"Nous arrivons sur le sommet d'une colline" ... de fait, un point d'observation idéal d'où l'on aurait pu voir BOYAU descendant le drachen est précisément la crête des Eparges, dominant la plaine de Woëvre (sous réserve que le temps le permette ! ... mais 100 ans plus tard on considèrera que le ciel était dégagé ce jour là) 
 
à bientôt


source : http://www.pourceuxde14-regimentsc [...] pdf/41.pdf 

On y distingue Harville et Mars la Tour, un peu en dessous de la ligne d'horizon. 

edit : le secteur d'Harville était sur la ligne allemande de défense "en profondeur" appelée "Michel" (Michel-Stellung) : 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 3081_1.htm 
pour ceux qui lisent l'Allemand, voir ce site remarquable : http://www.morthomme.com/michelstellung.html 

autres ressources sur la bataille de Saint-Mihiel, permettant de contextualiser l'intervention de BOYAU et CESSIEUX le 16 septembre : 

- l'engagement de la 15e DIC : http://troupesdemarine-ancredor.or [...] Mihiel.pdf 
- une vidéo de l'US Army : http://www.dailymotion.com/video/x6qnsa 

Ce n'est pas le sujet, mais je précise qu' Henri CESSIEUX était Gadz'Arts, de la promotion Cluny 1912. 
Sa fiche "personnel aéronautique" : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] m_rotate=F 



Source : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1145_1.htm

Le 16 septembre 1918 sera le jour de sa dernière mission. Il part en fin de matinée sur son SPAD XIII n°10666 avec l’aspirant Henri Cessieux à l’attaque d’un Drachen signalé à Harville (Meuse), à mi-chemin entre Verdun et Metz. Le carnet du sergent Jean Moulis, jeune pilote à la SPA 77, nous informe du déroulement des évènements.

« Boyau et Cessieux partiront à l’attaque d’un Drachen, réussiront à le flamber. Sur le chemin du retour, pris à partie par sept chasseurs ennemis, Boyau engagera le combat, éloignera ses poursuivants. Volant bas, il piquera à la verticale, abattu très probablement par des balles de terre. Cessieux le verra s’écraser en flammes, près d’étangs de la Chaunié. On ne retrouvera jamais le lieu de l’accident ni les débris pouvant l’identifier. Les ennemis poursuivront alors l’appareil français restant et notre ami atteint dans le dos aura la force d’atterrir à l’aplomb des premières lignes de chez nous, il sautera de sa carlingue et s’évanouira. Les artilleurs l’évacueront. Pendant ce temps, l’allemand, volant au ras du sol, essaiera de détruire l’avion. Peu après, un barrage de feu le pulvérisera entre les lignes. Nous attendons impatiemment, sur le terrain, le retour de nos camarades. Alertés dans le courant de la journée par l’ambulance où a été évacué Cessieux, nous apprenons avec consternation la fin de notre grand as. Le deuil est cruel, mais la tâche n’est pas terminée. Dès le lendemain, nous reprenons le manche avec l’intention de le venger. »

Une investigation complémentaire dans les premières lignes françaises apprendra que Boyau a effectivement fait flamber le ballon d’Harville à 11h17. Revenant à une altitude de 200 m, il est  poursuivi par un Fokker D VII à 500 m derrière. Puis son avion est vu piquer à la verticale et s’écraser, sans doute touché par un tir du sol. 3 Fokker D VII au nez rouge, portant une croix grecque blanche sur le fuselage et sur l’empennage, et comportant deux bandes obliques rouges et jaunes sur le fuselage, survolent le lieu du crash et tournent autour pendant quelques temps. Le très jeune Leutnant Georg von Hantelmann (20 ans) revendique l’appareil de Boyau, abattu au Sud-ouest de Conflans-en-Jarnisy à 11h20, qui lui sera confirmé comme sa 14e victoire sur les 25 qu’il remportera pendant la guerre. Si le lieu, l’heure et même la décoration des Fokker de la Jasta 15 au nez rouge plaident en faveur de la revendication de von Hantelmann, la distance de 500 mètres derrière laquelle était son Fokker D VII rend son tir très aléatoire. On ne saura jamais si Boyau a succombé, comme cela semble plus probable, à une balle tirée du sol ou à un coup heureux des mitrailleuses jumelées du chasseur.

Cordialement

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Bonjour,
Citation :

16 septembre. Temps très clair, sans nuage. Brume le matin du 16. 



source : JMO du secteur aéronautique du 2e Corps d'Armée Colonial (à droite du 5e CAUS, voir carte de la bataille de Saint-Mihiel) :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] m_rotate=F page 156.

l'hypothèse est vérifiée !

à bientôt

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sur Steet-view, la plaine de Woëvre vue depuis la D203 entre Trésauvaux et les Eparges, à l'altitude approximative de 285 m (une centaine de mètres avant le col coté 298) :

https://www.google.fr/maps/place/55 [...] 4d5.622852

Harville se situe en face, dans la direction ENE, à environ 10 km à vol d'oiseau.
Temps brumeux malheureusement en ce mois de novembre 2010 ...

edit : une belle série de photos dans le secteur des Eparges en 1915
http://padouenc.pagesperso-orange.fr/imgeparges.htm

à bientôt

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Commentaires

  1. Chapitre très émouvant, la fin de l'As.
    Dommage que l'introduction du récit de Jean Moulis fasse sortir le lecteur de la fiction. Vous pourriez imaginer que vous l'avez rencontré en personne et qu'il vous relate le tragique événement mais il y a incohérence de texte avec la fin de ce chapitre dans lequel vous voyez l'avion de Maurice Boyau se cracher. Peut-être faut-il envisager de décaler les phrases qui mentionnent le crash de l'avion, de les placer avant la retranscription du carnet de Moulis et Baptiste tourne la statuette juste à la fin.
    Il manque encore 6 élèves, pas de St Félicien dans ce chapitre. Je file lire le suivant...

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  2. berengere et didier10 janvier 2018 à 01:55

    le chapitre finit un peu "brutalement"
    peut être revoir effectivement l'ordre d'apparition des textes, les élèves pourraient assister au crash de l'avion, être ramené sur le camp pour y dormir et rencontrer le lendemain le jeune pilote Moulis qui leur lirait ce qu'il venait d'écrire dans son carnet... à méditer

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  3. berengere et didier10 janvier 2018 à 02:19

    pensez éventuellement à légender les dessins des avions pour qu'on les identifie plus précisément!

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